Beau Lauss

Adam Cruces
Antoine Donzeaud
Matthieu Haberard
Zoe de Soumagnat

Last Resort
May 12th - June 4th, 2016
 

"Pour nos informatrices de Garges-lès-Gonesse qui sont originaires du Mali, le mot bolos (qu'elles prononcent d'ailleurs [boRos]) serait une déformation du mot boore qui signifie le "pigeon" en soninké. Pourtant, Gérard Galtier, professeur de soninké, croit peu à cette piste étymologique car il nous a affirmé que tous les mots soninkés se finissaient par une voyelle. Il resterait alors la possibilité de l'ajout d'une suffixation -os, à la française, mais ce type de suffixation était surtout à la mode dans les années 1980 et reste donc peu probable pour un mot que les plus audacieux proclament connaître depuis 10-12 ans en 2008 et dont les premières attestations retrouvées dans les chansons rap (et uniquement chez les membres de Mafia K'1 fry de Val-de-Marne) datent de 2003. Si l'on écarte d'autres pistes assez improbables concernant les emprunts (nos enquêtés ont mentionné plusieurs fois qu'en portugais, les bolos étaient des "gâteaux" et ont tenté d'envisager une origine roumaine, tzigane et même corse), la piste la plus sérieuse reste celle de bolo (pl. bolos), qui désigne les "testicules" dans l'argot espagnol et qui signifie "fou" dans l'argot de Tolède. Dans l'argot cubain, los bolos est également un surnom donné aux Russes". 

Alena Podhorna-Policka (Université Masaryk de Brno)
Anne-Caroline Fiévet (Université Paris Descartes)
"A la recherche de la circulation d'un néologisme identitaire : le cas de bolos"

Beau Lauss gathers artists Adam Cruces, Antoine Donzeaud, Matthieu Haberard and Zoé de Soumagnat around some kind of flowchart of the living. Adam Cruces’ fruits and vegetables in levitation on a white background, Antoine Donzeaud’s blown up, annotated, and damaged posters, Matthieu Haberard’s geographic anachronism mask or matrix sculpture, Zoé de Soumagnat’s vintage ad-like paintings, all define their own protocole of appearance as well as they vouch for the permeability, the versatility, and the elasticity of their language. Urban, classic, merchandising, custom or high-tech, the spheres, networks and references allow to be drawn out of their comfort zone and accept the new genealogy of the exhibition. The sign, in the background, like a vanishing graffiti, becomes the alphabet of a new syntax, a model tongue that shifts, twists and recovers, evading its own etymology.

Elisa Rigoulet

 

Photos by Carl Holck